
Le compositeur et homme de théâtre italien Sylvano Bussotti est mort, le 19 septembre, à Milan, des suites d’une longue maladie. Sa disparition est intervenue la veille de l’ouverture des festivités prévues pendant cinq jours, à Florence, sa ville natale, pour célébrer son 90e anniversaire. Une ironie du sort que l’artiste, enclin à mêler création et vie privée, aurait sans doute appréciée, d’autant plus qu’en inversant la perspective de l’hommage, devenu posthume à la dernière minute, elle illustre une considération du compositeur sur la mémoire du passé qui, « tournant la tête en avant, se transforme en mémoire du futur ».
De Sylvano Bussotti, admis plus qu’accueilli par Pierre Boulez et consorts à la table doctrinaire de l’avant-garde des années 1960, on ne saurait retenir uniquement la production musicale – d’abord entrée dans l’histoire par ses innovations d’ordre graphique – tant celle-ci se frottait à d’autres formes d’expression – littéraires, plastiques, scéniques et cinématographiques. Souvent à partir de sujets sulfureux, comme en témoigne La Passion selon Sade (1965), son œuvre la plus célèbre.
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