
En 1967, un inconnu débarque au Festival d’Avignon. Il a 28 ans, un costume Mao, les cheveux longs et une maigreur dans l’air du temps. Jean Vilar a programmé sa première pièce, La Baye, mise en scène par Antoine Bourseiller, avec Suzanne Flon et Jean-Pierre Léaud. Sous-titrée Dimanche au bord de la mer, La Baye connaît un franc succès, en confrontant l’histoire de deux familles. Ainsi commence l’histoire de théâtre de Philippe Adrien, acteur, auteur, metteur en scène, et directeur du Théâtre de la Tempête, à la Cartoucherie de Vincennes (Val-de-Marne), de 1985 à 2016. C’est La Tempête qui a annoncé sa mort, survenue le 15 septembre, à 81 ans, des suites d’une maladie neurologique.
Philippe Adrien disait avoir choisi le théâtre parce qu’il n’aimait pas être seul. Né le 19 décembre 1939, à Savignies (Oise), il a grandi entre un père notaire et une mère qui écrivait des poèmes. Lui-même aimait en réciter, et un de ses professeurs, au lycée Condorcet, à Paris, lui dit un jour : « Tu finiras au Conservatoire. »
Faux, encore que : Philippe Adrien y a enseigné, de 1989 à 2003. Mais il s’est formé à l’Ecole du Vieux-Colombier, dirigée par Raymond Gérôme, et s’est aguerri en étant l’assistant de Jean-Marie Serreau, grande figure de l’époque. S’il écrit plusieurs pièces, après La Baye, qui sera reprise en 1996 dans une mise en scène de Laurent Pelly, et en 2017 par Clément Poirée, son successeur à La Tempête, Philippe Adrien s’impose moins comme dramaturge que comme metteur en scène de recherche, à partir des années 1970.
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