La compagnie aérienne Tunisair a désormais un nouveau CEO, Wassef Ayadi remplaçant Elyes Mnakbi limogé début juillet. L’ancien de Lufthansa va devoir faire face à l’impact de la pandémie de Covid-19 qui a détruit 85% de ses revenus, et à l’annonce européenne du retrait de la Tunisie de sa liste de pays dont les passagers lambda peuvent entrer à peu près librement.

Le ministère tunisien du Transport et de la Logistique a annoncé le 23 octobre 2020 la nomination de Wassif Ayadi en tant que directeur général de la compagnie nationale basée à l’aéroport de Tunis-Carthage, mais aussi de trois autres dirigeants pour les autres moyens de transport (rail, route et mer). Après 17 ans dans l’aérien, principalement chez Lufthansa Technik mais aussi chez Airbus, le nouveau CEO originaire de Sfax est attendu par une montagne de problèmes. 

« Nous sommes à seulement 30% de notre activité depuis septembre. Nous ne pouvons pas tomber plus bas de toute façon », lâchait la semaine dernière Sami Blidi, directeur stratégie et planification de Tunisair dans les colonnes de Jeune Afrique, loin des 70% visés au printemps. Le chiffre d’affaires a reculé au seul premier semestre de 64% à 88,4 millions d’euros, parallèlement à celui du trafic (580.000 passagers environ, -65%), et au milieu de l’année son endettement dépassait les 300 millions d’euros – avec une trésorerie de seulement 34 millions, et plus de la moitié de la flotte clouée au sol.

Wassef Ayadi devrait désormais relancer le plan de restructuration annoncé fin avril, qui prévoit des licenciements massifs (environ 4800 des 7800 employés selon les annonces de janvier) mais aussi une recapitalisation à hauteur de 400 millions d’euros et un rajeunissement de la flotte (malgré le report de livraison à l’année prochaine des cinq Airbus A320neo qui ont fait l’objet en décembre d’un accord de cession-bail avec SMBC Aviation Capital).

Dernier obstacle en date, l’impact sur le tourisme et donc l’activité de Tunisair de la décision annoncée vendredi par l’Union européenne de retirer la Tunisie (mais aussi le Canada et la Géorgie) de la liste des pays tiers « à l’égard desquels il conviendrait de lever » les restrictions temporaires des déplacements non essentiels. Une recommandation pas encore suivie d’effet notamment par la France, qui représente un peu moins de la moitié du trafic de Tunisair.

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Changement de tête pour Tunisair 1 Air Journal

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