
Le compositeur américain Charles Wuorinen est mort le 11 mars, à l’âge de 81 ans, dans un hôpital de New York, des suites d’une chute effectuée en septembre 2019. Ce brillant esprit incarna, dans les années 1960, avec ses collègues Milton Babbitt et Elliott Carter, une forme de modernité développée sur la côte est des Etats-Unis à partir de modèles européens (Schönberg, Stravinsky) tout en explorant la voie nouvelle offerte par la création en studio, à Princeton (New Jersey).
Présent sur tous les fronts de la vie musicale, comme interprète (pianiste ou chef d’orchestre), compositeur (avec un catalogue de 279 numéros) et enseignant, il apparut souvent sous les feux d’une brûlante actualité. En 1968, pour avoir dirigé le premier enregistrement discographique de Déserts, d’Edgard Varèse. En 1970, pour avoir obtenu, à seulement 31 ans, le prix Pulitzer, décerné pour la première fois à une œuvre entièrement électronique. En 1975, pour avoir inclus dans une partition, A Reliquary for Igor Stravinsky, les dernières esquisses du maître russe que lui avait confiées sa veuve. Dans les années 2000, pour avoir livré deux opéras sur des bases littéraires qui sentaient le soufre. Le premier, Haroun and the Sea of Stories (2001), par l’identité de l’auteur – Salman Rushdie – du livre pour enfants dont il s’était inspiré. Le second, Brokeback Mountain (2014), par le sujet, l’homosexualité de deux cow-boys. Le livret a été écrit par Annie Proulx à partir de sa nouvelle qui avait déjà donné lieu à un film à succès, réalisé par Ang Lee, en 2005.
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